Table ronde sur la sécurité routière
L’insécurité routière et le nouveau dispositif du code de la route en débat
Le parc national d’automobile contient plus de 5,6 millions de véhicules et selon la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale) , le problème ne réside pas dans le nombre important de véhicules, mais à l’adaptation d’une politique de prévention capable de réguler en continu le réseau routier. (Par M.Mohamed)
Des représentants du ministère du transport, de la DGSN et de la gendarmerie ont été hier les invités du forum El-Moudjahid pour tenter d’apporter chacun dans son domaine quelques clarifications sur le nouveau dispositif de la sécurité routière entré en vigueur depuis le premier du mois en cours. Les intervenants ont unanimement déclaré qu’il y a des lacunes dans le nouveau dispositif mais il faut avancer dans son application et prendre le temps d’apporter les corrections qu’il faut.
Pour sa part, Tahar Messaoud, sous-directeur de la circulation routière au ministère des transports déplore qu’il n’y ait pas un travail de synergie entre les différents secteurs qui interviennent pour pouvoir arriver à un travail de coordination.
Le mauvais état des routes, souvent exiguë, l’absence de l’éclairage et sans parler des plaques de signalisations qui, même si elles existent, elles sont placées là où il ne le faut pas. Pour Tahar Messaoud, mesurer le niveau de l’insécurité routière ne se limite pas uniquement à la charge du secteur du transport mais la problématique concerne aussi d’autres secteurs.
Le représentant du ministère du transport indique que chaque année son service enregistre l’arrivée de plus de 250 000 nouveaux véhicules dont certaines marques ne répondent pas aux normes de sécurité internationale. L’intervenant explique que c’est pour cette raison que la loi exige des propriétaires de véhicules neufs de passer au contrôle technique après deux années de circulation.
Le même responsable avoue qu’il y a parfois des complaisances dans les centres techniques et parfois les agents appliquent le règlement qui contraint certains propriétaires à la réparation du véhicule avant de prendre le certificat de contrôle. A ce sujet, il évoque aussi le marché de la pièce de rechange où la contrefaçon bat son plein. Pour lui, cette situation ne concerne pas seulement le propriétaire du véhicule qui reste lui-même victime de ces pièces de rechanges.
Hachemi Benlarbi, directeur de la circulation routière au niveau de la DGSN qui, après avoir évoqué le mauvais état des routes, de la signalisation et autres aspects qui parfois ne facilitent pas aux conducteurs de bien se comporter dans la route, a expliqué que si aujourd’hui, on exige du piéton de payer une contravention s’il ne respecte pas le nouveau règlement qui le contraint de traverser la chaussée sur les bandes réservées au passage des piétons, il faut aussi lui rendre ses droits d’exploiter sans aucune contrainte les trottoirs.
Quant aux tarifs des contraventions qui pour la plus part des citoyens les trouvent exorbitantes tenant compte du pouvoir d’achat du citoyen Algérien, Hachemi Benlarbi, déclare que le nouveau dispositif du code de la route est un moyen de prévention et ne réprime que les délinquants de la route.
Les pénalités débutent à partir de 2000 DA
Dans la même idée, le représentant du ministère du transport, explique que les tarifs de pénalités selon les procédures appliquées par la justice débutent a partir de 2000 DA. Prenant la parole, Mme Dalila Benider, directrice générale du centre national du permis de conduire explique que le facteur humain reste la première cause des accidents de la route.
Azouz Latrach, représentant de la gendarmerie nationale a reconnu aussi que le réseau national des routes est saturé devant le nombre important de nouveaux véhicules. Selon lui, plus de 85 % des différentes marchandises est transportée par route chose qui complique davantage la circulation. Pour le gendarme, le nouveau dispositif du code de la circulation est une manière de prévention routière.
Selon Aissa Nayli, directeur de la prévention routière au niveau de la DGSN, le parc national d’automobile contient plus de 5,6 millions de véhicules et cause plus d’accidents que celui de la France qui comporte 37 millions de voitures. Pour le responsable, le problème donc ne réside pas au nombre important de véhicules, mais à l’adaptation d’une politique de prévention capable de réguler en continu le réseau routier.
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