Selon Gianni Galinaro Volkswagen est une marque premium qui ne sera jamais concurrencée dans le segment de l’utilitaire ; quand bien même la présence chinoise dans les marchés émergents soit des plus massives, elle ne menace aucunement les produits allemands, affirme-t-il. Notre interlocuteur se dit également très satisfait des performances de Sovac en Algérie et se félicite que ce dernier ait enfin acquis la marque tchèque Skoda. Il annonce au passage que Volkswagen réfléchit sérieusement à introduire des bus en Algérie. Enfin il laisse entendre que le client algérien demeure très proche dans ses choix de la marque Volkswagen. Sur le chapitre de la concurrence, il laisse entendre que Volkswagen surveille les chinois comme le lait sur le feu. (Entretien réalisé par Hamid A).
- auto-utilitaire.com : Vous êtes présent pour la deuxième fois consécutive au salon international de l’automobile d’Alger. Quelle est votre appréciation de cet évènement, notamment en matière d’évolution et de présentation des véhicules ?
- M.Giani Galinaro : Je dois dire que je suis très content d’être présent à ce salon qui gagne en professionnalisme d’année en année. Un évènement où nous sommes, d’ailleurs, très bien représentés par notre importateur Sovac. Cette amélioration perceptible au salon traduit en fait et d’après mes observations, une nette embellie de la situation économique générale en Algérie.
- Pouvez nous donner un aperçu du marché de l’utilitaire dans le monde, du moins sur le plan du volume ?
- Si je me réfère aux chiffres de l’année dernière je peux dire que nous avons commercialisé quelques 377 000 véhicules à travers différentes régions. Quant à l’Algérie nous avons des chiffres qui font état de plus de sept cent unités vendues dans le segment de l’utilitaire. Il faut savoir que tous les marchés mondiaux sont le théâtre d’une demande accrue et donc nos prévisions tiennent compte de cette demande exacerbée et nous poussent à produire davantage.
- Dans la douzième édition du salon de l’automobile d’Alger Volkswagen n’a mis en avant que deux nouveautés. Qu’en est-il du Crafter ?

- Le Crafter semble désormais tenir toutes ses promesses ; lancé dans un segment où la concurrence est rude, cet utilitaire laisse néanmoins entrevoir une réelle capacité à braver ses adversaires, particulièrement les modèles français. Ses chiffres de ventes ne cessent en tout cas d’augmenter du fait de la confiance que lui accordent les utilisateurs qui sont finalement davantage convaincus de la qualité de nos produits. Que ce soit pour ce produit ou pour d’autres, nous pouvons donc escompter des volumes beaucoup plus importants à l’avenir.
- Quelles sont les nouveautés prévues pour l’utilitaire et que vous réservez particulièrement pour l’Algérie ?
- Je peux d’ores et déjà annoncer le restylage du T5 qui aura lieu dès le deuxième semestre de l’année prochaine. Alors que pour 2010 le grand projet attendu par tous n’est autre que le pick-up. Soit la grande nouveauté de Volkswagen utilitaire.
- Le Caddy Maxi a été lancé avec brio au salon de l’automobile d’Alger ; comment comptez vous positionner et lancer ce modèle sur le marché algérien ?
- Le Caddy Maxi est un véhicule qui investit finalement un segment où la concurrence est quasi absente. Ce véhicule est en fait unique et n’a pas son équivalent sur le marché algérien. Se situant entre le T5 et le Caddy, il nous offre donc l’opportunité de

satisfaire une demande spécifique, notamment celle émanant d’une clientèle exigeante et à la recherche d’avantage de volume et de longueur, mais également soucieuse de compacité. Autant de caractéristiques que l’on a pu constater au niveau de certains modèles français comme le Jumper ou l’Expert. Ainsi, nous disposons désormais d’un produit qui s’attribue toutes ces qualités avec en prime la fiabilité, le Caddy Maxi ayant largement fait ses preuves.
- Volkswagen a-t-il l’intention de mettre sur le marché algérien un produit low cost, ne serait-ce que pour contrer la concurrence chinoise ?
- Volkswagen offre toujours des produits de haute qualité ; elle ne sera donc jamais une marque bon marché. Nous avons néanmoins des projets en cours et qui concernent les petites et moyennes limousines de type Clio classique, et Yaris Sedan.
- Quelles sont vos prévisions pour le marché de l’utilitaire au niveau mondial ?
- Nous comptons atteindre dix pour cent de progression sur le marché mondial de l’utilitaire. Nous lancerons différents produits afin de réaliser ce score. Alors que d’autres véhicules de segments distincts viendront renforcer cette tendance. Pour rappel nous venons de lancer le Tigwan, la Passat CC, et comptons mettre cette année le Sirocco sur le marché européen.
- Pourquoi Volkswagen ne commercialise-t-il pas ses bus en Algérie ?
- Comme je vous l’ai déjà dit plus haut, la marque Volkswagen demeure une marque premium et ceci s’applique particulièrement au bus et mini bus. Notre seul souhait est d’introduire nos modèles sur le marché algérien, mais cela dépend de plusieurs critères inhérents à la clientèle qui compte les acquérir. Nous ne pourrons néanmoins et en aucun cas comparer nos produits aux modèles issus de certains pays d’Asie. Quoi qu’il en soit nous disposons d’excellents produits dans ce segment particulier de l’utilitaire, ils englobent les 35 places de même que certains modèles particuliers comme le Crafter. Bien que le segment des bus et gros camions relève de la compétence de la partie brésilienne de Volkswagen je peux néanmoins avancer que des projets existent pour l’Algérie; en ce sens qu’à plus ou moins long terme des bus moyens pourraient être commercialisés dans ce pays. Une étude existe à ce propos.
- Selon vous les marques chinoises qui envahissent de plus en plus le marché de l’utilitaire, constituent-elles un danger latent pour la marque Volkswagen ? Concurrenceront-elles à un moment donné vos produits, sachant que les marchés émergeant sont avant tout des marchés de prix ?
- Sachez avant tout que Volkswagen produit déjà en Chine où il a à son actif plus de sept cent mille véhicules (700 000) Nous savons donc très bien ce que les chinois sont capables de faire. Certes, les chinois qui apprennent avec une rapidité étonnante, peuvent nous concurrencer peut être sur les marchés africains mais jamais sur les marchés européens. Aussi, et pour contrer les marchés où les chinois sont très agressifs nous avons construit des usines en Russie et en Inde.
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