Salon de Francfort 2017
M. Sefiane Hasnaoui, Vice président du groupe Hasnaoui et président de l’AC2A à auto-utilitaire.com
‘’Les concessionnaires seront prêts au rendez-vous de février 2016’’
‘’Les concessionnaires seront prêts au rendez-vous de février 2016’’

A travers les réponses apportées à nos questions, le président de l’Association des Concessionnaires Automobiles Algériens (AC2A) et du groupe Hasnaoui fait un tour d’horizon du marché automobile Algérien au vu des derniers bouleversements qu’à connu ce dernier. Entre volonté d’investir et conformité aux nouvelles réglementations, M.Sefiane Hasnaoui balise les grandes lignes du ‘’futur automobile national’’ appelé à une restructuration radicale impliquant une industrialisation progressive afin d’aboutir à un taux d’intégration élevé afin d’accompagner l’enracinement de l’industrie automobile en Algérie.

M.Hasnaoui lance aussi plusieurs messages à l’égard des pouvoirs publics pour une coopération plus marquée avec les opérateurs nationaux qui déploient d’énormes sacrifices pour servir l’économie du pays.
 
- Après plus de six mois de blocage du marché de l’automobile en Algérie, quelle est la situation aujourd’hui ?
 
- Je pense qu’avant de commenter la situation du marché aujourd’hui, il faut revenir sur les étapes qu’on a vécu depuis la publication du décret par le ministère de l’industrie en avril dernier.
 
La publication du décret, donc, du cahier des charges à induit mécaniquement la mise en place de certaines procédures administratives dont le cadre n’était pas complètement défini. Par la force des choses, il y a eu un certain nombre de ralentissements, voir même de blocages administratifs parce qu’il fallait que ce cadre administratif et technique soit mis en place, chose qui a été faite en partie notamment avec la publication fin juillet d’un nouveau texte du ministère de l’industrie qui a effectivement mis en place un cadre technique notamment compte tenue de l’homologation des véhicules, c'est-à-dire, la conformité de ces derniers au cahier des charges.
 
Malheureusement, ce cadre administratif était général et n’a pas été d’une certaine manière abordé d’une façon précise, notamment concernant la définition des éléments techniques nécessaires au processus d’homologation qui sont les textes internationaux auxquels nous permettent de faire référence à certains nombres d’éléments techniques tels que les airbags, l’ABS...mais aussi les tests qui sont effectués par les constructeurs concernant les différentes normes, et par la suite, la conformité avec les normes Algériennes. 
 
Ce manque de clarification qui a mis effectivement dans l’embarras aussi bien les acteurs de la distribution automobile en Algérie qui sont les membres de l’AC2A, que même les services des mines qui n’avaient pas l’ensemble des éléments à leurs dispositions d’où les échanges que nous avons eu notamment avec la direction des mines de la wilaya d’Alger, dans le but d’organiser un certain nombre d’ateliers de manière à pouvoir travailler dans ce sens et mettre en place en accord avec la réglementation Algérienne, les références techniques fondamentales nécessaires pour procéder à l’homologation des véhicules et s’assurer du respect du cadre administratif diligenté par le ministère de l’industrie et qu’on suive aussi la faisabilité opérationnelle de cette procédure. 
 
Malheureusement pour différentes raisons, ces ateliers n'ont pu avoir lieu ce qui a ralenti ce processus et donc ce qui implique que la phase d’homologation ne peut pas se faire d’une manière suffisamment fluide compte tenue de l’absence de ces références. Cela étant, il faut bien souligner la bonne volonté de la direction des mines de la wilaya d’Alger qui travaille au quotidien pour nous permettre d’avancer, au même titre je souligne aussi la bonne volonté des acteurs de l’AC2A de fournir l’ensemble des éléments techniques et administratifs pour arriver effectivement à confirmer la conformité des véhicules avec le cahier des charges qui avait été mis en place par le ministère de l’industrie.
 
Aujourd’hui je pense qu’on est en fin de processus et que l’ensemble des éléments ont été partagés et échangés avec l’ensemble des services administratifs, nous permettant d’une manière relativement sereine de pouvoir remettre l’ensemble des processus d’homologation en temps et en heure et collecter ces homologations compte tenue de la réglementation et pouvoir travailler normalement. 
 
Par ailleurs, il y a un certains nombres d’éléments à souligner concernant l’obligation totale et pleine de se conformer au cahier des charges avant la date anniversaire de la publication du décret du premier ministre, en février 2016. Pour les membres de l’AC2A et concernant la mise à niveau des infrastructures, des contrats de distributions, du personnel… l’ensemble de ces acteurs ont effectué leurs mise à jour nécessaire pour pouvoir être en conformité totale avec la réglementation Algérienne. Mais on anticipe la possibilité s’il n’y a pas eu de coopération efficace avec les services du ministère de l’industrie et l’ensemble des opérateurs concernés, et pour moi en tant que président de l’AC2A qui représente la majorité voir la quasi-totalité des acteurs du secteur c’est bien entendu d’apporter notre valeur ajoutée et d’aider les services concernés du ministère et que l’opération se passe avec le maximum de fluidité de manière aussi a ce que les opérations quotidiennes n’entravent pas la vie de nos entreprises qui comptabilisent des milliers de postes d’emplois, et qu’on puisse être en parfaite conformité avec la réglementation, ce qui est notre objectif principal.
 
Je pense qu’il y a une coopération accrue qui doit être envisagée, et moi par l’intermédiaire de cette occasion je tiens à souligner ma totale disposition au service du ministère pour qu’on puisse apporter quelques contributions dans ce sens.
 
- Pensez-vous que les concessionnaires seront prêts à la date indiquée, c’est à dire le mois de février 2016 ?
 
- D’abord et concernant les membres de l’AC2A et au regard des dernières études réalisées en interne liées aux remontées des informations, je dirai que l’ensemble des membres de l’AC2A seront au rendez-vous, d’ailleurs ils le sont déjà pour la plupart.
 
Mais par contre et concernant l’une des filières que nous représentons au sein de l’AC2A à savoir le segment des camions et des engins de travaux publics, ces derniers sont soumis à agrément depuis la publication du décret ministériel, mais malheureusement nous sommes toujours dans l’attente des agréments définitifs et on est devant une situation compliquée d’un point de vue administratif qui est dramatique dans la vie d’une entreprise. Comme vous le savez, nous avons des employés, des milliers de collaborateurs, des engagements vis-à-vis d’autres entreprises...c’est une situation inconfortable qui par ailleurs pour beaucoup d’entre eux qui ont eux leurs agréments provisoires, les délais des trente jours sont largement dépassés, je suis un petit peut dubitatif, j’ai bien sûr écris au service concerné en m’exprimant sur cette situation à risque pour les acteurs économiques !
 
Et puis dans le domaine des engins de travaux publics, il ne faut pas oublier qu’on est au service de l’état et de l’ensemble des investissements en infrastructures réalisés qui exigent le matériel, d’abord pour maintenir ces projets pour éviter une détérioration rapide à titre d’exemple des routes, des immeubles…aujourd’hui vous avez une pénurie de matériel en Algérie et par conséquent on ne peut pas répondre aux projets d’infrastructures qui sont en cours de réalisation. Et puis il est à souligner le risque administratif compte tenue de l’absence d’agrément, qui nous oblige à ne pas pouvoir opérer, donc de ne pas avoir de techniciens, de pièces de rechanges…et en parallèle devoir supporter l’ensemble de nos clients dont je le rappelle, une grande majorité sont des clients issus d’entreprises publiques.
 
Le ralentissement dans la délivrance de l’agrément depuis la publication du décret, me pousse à me poser certaines interrogations, et en tant que premier responsable de l’AC2A, il est de mon devoir d’alerter les pouvoirs publics et de souligner le risque, mais aussi et finalement un certain nombre de questionnements sur la situation, et d’anticiper pour la filière automobile la même situation qu’au mois de février. Je rappelle que ce sont des secteurs qui totalisent des dizaines de milliers d’emplois et qui contribuent très fortement au budget de l’état par les taxes que nous collectons (TVA, taxe sur VN), des contributions directes dans le développement du secteur des transports en Algérie. 

Donc aujourd’hui c’est une prise de conscience rapide qui est attendue de la part des pouvoirs publics pour que nous puissions collaborer d’une manière productive avec les pouvoirs concernés. C’est clair que notre rôle n’est pas d’orienter ou de diriger mais c’est d’apporter une valeur ajoutée et un support aux services et aux pouvoirs publics et permettent d’atteindre les objectifs fixés. 
 
- On parle depuis quelques semaines de la mise en place de licences d’importation avec un seuil de 400 000 voitures importées par an. Qu’en est-il aujourd’hui ? 
 
- Effectivement les licences d’importations sont un acte important pour le gouvernement, une approche que je comprends parfaitement et que sur le principe d’ailleurs ne me pose aucun souci en tant qu’opérateur économique. En tant que président de l’AC2A, notre rôle est aussi d’apporter notre support de manière à ce que ces pouvoirs publics qui sont en charge de la mise en place de ces licences puissent écouter la manière dont on opère en termes d’approvisionnement et de distribution.
 
Nous avons échangé avec le ministère du commerce de manière très transparente depuis plusieurs mois sur notre volonté d’apporter notre support à la mise en place de cette politique des licences de façon à mener à bien ce projet d’une manière transparente mais aussi dans l’intérêt du pays dans le contrôle de l’utilisation de ces ressources, et en tant que citoyen Algérien j’applaudis et j’encourage cette approche, et en tant qu’opérateur économique dans le but d’assurer une bonne gestion de notre économie.
 
Je dirais que la politique des licences ne nous pose aucun souci, nous sommes à la disposition du ministère du commerce pour apporter cette valeur ajoutée, une invitation que je lance également auprès du ministre et à ses services pour leurs souligner combien nous souhaitons être proches de ses équipes pour pouvoir apporter une contribution et des informations. 



- Il semblerait que les pouvoirs publics ont enfin décidé d’organiser et de réglementer le marché de l’occasion. Comment voyez-vous cette démarche et que peut apporter l’AC2A pour mener à bien ce projet ? 

 
- Je ne vous cache pas que je me réjouis de cette annonce et de la volonté du ministre de l'industrie de légiférer et de structurer le marché de l’occasion, un sujet que l’AC2A a soulevé depuis de nombreuses années.
 
Moi même et au même titre que les acteurs et les anciens présidents de l’AC2A, nous avons demandé de structurer le marché de l’occasion, qui échappait totalement au contrôle de l’état notamment en termes de collecte de taxes. En même temps et compte tenu du problème de la double taxation de la TAP et de la TVA, le marché de l’occasion échappait totalement au réseau des concessionnaires agréés en Algérie qui ont l’opportunité d’avoir un réseau de distribution avec une traçabilité parfaite et dans le respect de l’ensemble des lois et des règlements, et assure une qualité de service en termes de garantie, de pièces de rechanges et en termes de respect du client.
 
Sur ce sujet, j’invite encore monsieur le ministre de l’industrie à faire appel à nous pour que nous puissions élaborer ce cahier des charges avec notre connaissance du secteur et de notre métier, mais aussi répondre à certains nombres de questions qui, légitimement, seront posées par les pouvoirs publics.
 
- Le groupe Hasnaoui active depuis des années dans le secteur de l’automobile avec aujourd’hui une représentation diversifiée ; Nissan comme marque généraliste, Volvo pour le lourd et Komatsu pour la partie engins. Comment vont évoluer ces marques dans ce contexte aujourd’hui ? 
 
- Nous sommes un groupe Algérien existant depuis 51 ans avec une longue histoire dans l’économie Algérienne. Nous contribuons de manière directe ou indirecte à l’activité économique du pays. Nous sommes un acteur industriel historique en Algérie, nous avons eu à relever de nombreux défis et il faut reconnaître la ténacité, le courage, la volonté mais aussi la clairvoyance de notre Président Directeur Général qui a fait du groupe Hasnaoui un acteur majeur de l’industrie Algérienne. Le groupe Hasnaoui est dans son domaine d’activité, enregistre des taux d’intégrations de plus de 80%, c’est vous dire l’intégration verticale faisable et réaliste que nous avions mis en place. 
 
De nos jours, bien entendu l’industrie a changé et a évolué, l’industrie auto-industrialisante n’existe plus, on travaille avec un réseau de sous-traitants, il faut avoir une pénétration beaucoup plus importante dans le secteur par filière et le réseau de sous-traitants est fondamental. Il est aussi important de rappeler que l’industrie automobile au sens large du terme est une industrie compliquée parce qu’elle nécessite une ramification de sous-traitants importants. Vous savez, un véhicule ce sont des milliers de composants, et je dirai la ramification de ces sous-traitants est une étape fondamentale pour le développement durable de l’industrie automobile.
 
En tant qu’opérateur économique Algérien et en tant que citoyen Algérien, je me réjouis de la politique qui a été mise en place par le président de la république et plus tard par le premier ministre, qui consistait à rendre à l’Algérie un certain nombre de ses fondamentaux industriels mais aussi agricoles ou touristiques notamment, pour nous permettre à la fois de ne pas être dépendant de cette rente pétrolière qui appartient à tous les Algériens, c’est notre richesse et qui appartient aussi aux générations futures, et nous devons anticiper les besoins de ces générations futures dans le développement d’une diversification de notre économie fondamentale, et le retour de l’industrie et de l’agriculture sont une obligation, et notre rôle est d’y participer. 
 
Aujourd’hui, il faut se poser la question : avons-nous une vision suffisamment claire ? La réponse doit être apportée par les pouvoirs publics, et la manière d’apporter cette réponse c’est par les textes et il nous faut une clarification de ces textes. 
 
Pour l’heure, le cahier des charges sensé clarifier l’approche industrielle pour l’automobile n’est toujours pas mis à la disposition des opérateurs économiques, c’est une incompréhension pour nous, et puis nous n’avons pas contribué à apporter une valeur ajoutée à ce cahier des charges et là aussi c’est une incompréhension!
 
Nous sommes des opérateurs et au regard de la réglementation nous sommes obligé d’investir dans un projet industriel ou semi-industriel, donc c’est tout à fait logique à mon sens d’être partie prenante. Et puis nous sommes partenaires des fabricants, qui mieux que nous pourront impliquer nos partenaires dans un souci d’abord, de responsabilisation ensuite de qualité du projet industriel et enfin de transfert de savoir pour la formation des générations actuelles et futures. Et enfin, pour assurer aussi un développement du projet industriel, nous devons regarder l’avenir avec la partie exportation et pas uniquement des véhicules mais aussi de la pièce, des composants... un certains nombre de production industrielle parce qu’on doit développer une diversification de nos richesses.
 
Notre groupe à cet ADN industriel, nous avons mis en place un certain nombre de process et nous avons un nombre de projets avec nos partenaires, ces derniers ne comprennent pas cette absence des textes, et du fait, ils nous transmettent leurs interrogation notamment sur les indications des pouvoirs publics.
 
Il est clair que nous devons respecter nos engagements vis à vis de la loi de finance signée par le président de la république, ensuite vis-à-vis de notre pays, des pouvoirs publics qui nous encadrent et vis-à-vis de notre autorité de tutelle. Les projets sur lesquelles nous travaillons existent et avancent, nous serons au rendez-vous aussi bien avec Komatsu avec qui nous avons aujourd’hui un investissement très important dans un centre de rénovation d’engins de travaux publics mais aussi d’usinage de composants et de pièces de rechanges qui va permettre d’abord d’appréhender le marché de l’occasion des engins de travaux publics, c’est aussi très important, et je pense que le ministère de l’industrie le sait et qui tient aussi a encadré le marché de l’occasion parce que notamment dans ce type de produits, l’engin d’occasion à une certaine durée de vie qui est différente à celle d’un véhicule. Aussi, pourquoi pas d’exporter les machines d’occasion, certes aujourd’hui ce n’est pas possible mais il est impératif d’anticiper pour aller chercher de nouveaux marchés notamment vers les marchés sub-sahariens, par l’expertise que nous aurons développé notamment dans l’usinage, dans la rénovation, dans les bancs de tests moteurs… Un certain nombre d’expertises existent d’ailleurs en Algérie, il faut reconnaître et à la fois remercier l’ensemble des filières techniques et universitaires qui ont permis de former ces ingénieurs qui sont au service des sociétés Algériennes et de leurs pays. 
 
Sur les projets dit automobiles à savoir les voitures et les camions, nous sommes sur des projets avec nos partenaires, nous avançons un peu moins vite mais nous avançons malgré tout, simplement parce que la notion du taux d’intégration est plus importante et la notion également d’avantages fiscaux est aussi importante. Aujourd’hui, elle n’est pas claire et on attend du ministère de l’industrie des clarifications sur le cahier des charges, mais cela étant nous avançons avec des projets aussi bien avec Nissan qu’avec Volvo et nous sommes confiants dans l’atteinte des objectifs que nous avons fixés.

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