Le travail dans la joie

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Fini les pickups utilitaires à cabine fade, dépouillés et à moteur poussif. La nouvelle génération de cette trempe de véhicules ne veut rien laisser aux pick up de loisir mais se réserve le droit martial d’aller dans les champs, les montagnes et marais pour supporter les dures périples de professionnels. Le Mazda Bt-50 est de ce pédigrée qui se définit comme un outil de travails polyvalent qui préfère les sorties de terrain. (Par Hamid A)

En Algérie, le marché des pick up est dominé par le Toyota Hilux et pour se faire une place au milieu des Nissan pick up, Mitsubishi L200 et son cousin Ford Ranger, Mazda peut sérieusement prétendre à une place au soleil avec l’arrivée du BT-50, en remplacement à la série B notamment B2500 et B3000 jadis commercialisés par Jamal SPA, membre du groupe IVAL. Assigné à la dure tâche d’aller chercher des points salvateurs pour déroger à la coutume qui s’est installée dans le segment des pick-up où ses cousins japonais refusent tout compromis, la Mazda BT-50 (version utilitaire) peut puiser toute sa force dans l’orientation tout azimuts vers la gamme de véhicules utilitaires, une situation qui le laissera espérer reprendre une place qui lui revient ‘’historiquement’’ de droit.

Rangé parmi les utilitaires, le BT-50 conforte une gamme entièrement vouée aux tâches professionnelles chez Jamal SPA. Epaulé par la gamme de fourgon Mazda, le pick up BT-50 est aussi disponible dans le catalogue de Jamal sous sa déclinaison double cabine et en version 4×2 et 4×4. L’arrivée de modèles renouvelés et modérément conçus participe à la démocratisation de ce segment et c’est ce qui nous a poussés à essayer et découvrir la version utilitaire qui est proposée en Algérie.

Sous sa nouvelle monture, Mazda a opéré une révolution de design en soi. Fini les silhouettes carrées aux gueules mastodontes. La nouvelle génération du BT-50 favorise un dessin moderne aux lignes fluides. Sur ce plan, le divorce est consommé avec le B2500.

Commençons par la face avant, qui regroupe désormais dans une seule pièce la calandre et le bouclier. Là, l’assemblage et les finitions passent à un niveau supérieur. L’effort des concepteurs de ce pick up saute aux yeux. On ne peut tout de même pas omettre de signaler la nouvelle forme des optiques, qui ajoutent un ton flatteur, remet le pick up au gout du jour. La grille de calandre y est plus imposante et les gros élargisseurs d’ailes procurent un supplément de dynamique.

Sur un plan latéral, le BT-50 dégage une silhouette un peu plus longue que celle de son prédécesseur. Il mesure 5.169m de long et 1.715m de large. Cet utilitaire repose sur un empattement de 2.985 et est utile d’annoncer une garde au sol de 18.1 cm.

Dans sa version simple cabine que nous avons essayée, le BT-50 dispose d’une benne assez large et spacieuse. Elle est caractérisée, sur un plan esthétique, par une hauteur accrue des flancs, un détail qui sera apprécié par les professionnels à la recherche de solutions optimales de chargement. Le compartiment de chargement mesure 1.280m de long.

Dans la cabine, les concepteurs ont accentué leurs efforts sur la qualité perçue des composants, elle est en adéquation avec l’air du temps. Admirez la console centrale en finition argent. L’habitacle de la cabine nous propulse dans un environnement de véhicules de tourisme. Les sièges y sont plus hauts et plus fermes que le B2500. Les rangements y sont parfaitement optimisés. La présence d’une radio CD est à mettre à l’embonpoint du pick up. Par ailleurs, un astucieux espace de rangement prend place derrière les sièges (rabattables), il permet par exemple de trouver une place bien pensée au cric et à la manivelle. Sur les portes, un vaste rétroviseur optimise la vue arrière, rien n’échappe au BT-50

Sous le capot, BT-50 roule toujours avec le 2.5 l turbo développant 115 ch. Très présent dès les bas régimes, la dynamique du BT-50 s’impose à nous dès les 2000 tr/mn. Ce quatre cylindres affiche un couple de 280 NM. Bien cramponné, le pick up assure un roulage sans soucis, les accélérations et les reprises sur bitume s’effectuent parfaitement avec la complicité de la boite de vitesse à 5 rapports manuels, qui exécutent les vitesses avec un admirable étalement d’autant plus qu’au touché, la poignée est bien dessinée pour venir bien se mouvoir dans la pomme de la main.

Le long de cet essai nous avons mesuré la quiétude au volant du BT-50, il est vrai qu’avec une motorisation aussi adéquate, il ne sera point pénible aux professionnels d’accomplir leurs tâches quotidiennes dans de bonnes conditions.

Hors bitume, les capacités de ce bloc restent intactes, même bien qu’on a été obligés de mieux mesurer la vitesse et d’adopter un régime plus prudent. Reposant sur un châssis type échelle, le Mazda BT-50 profite d’une suspension type indépendante à l’avant (à double triangulation avec ressort à barre de torsion) alors qu’à l’arrière du véhicule, elle offre des belles résistances lors des escapades hors asphalte. Rigide, la suspension arrière du BT-50 est à ressort à lamelle, ceci prouve une assistance de plus à la stabilité du véhicule à charge même en roulant sur une piste caillouteuse. Nous avons ressenti certaines remontées qui peuvent s’avérer désagréables dans l’habitacle, mais cela reste raisonnable.

A vide, il est évident d’y ressentir des sautillements à l’usage, notamment lorsque l’on adopte une vitesse un peu élevée, mais à charge, l’on s’aperçoit que le BT-50 se calme et se concentre désormais à garantir la réalisation de ses tâches avec moindre fatigue.

Sur le chapitre des capacités de charge, Mazda annonce que son pick-up supporte une charge utile de 1000kg, ce qui porte son PTAC à 2773kg.

Reposant sur un empattement avoisinant les 3 mètres (2.985m), le BT-50 est parfaitement équilibré et à l’aise pour supporter les chargements attendus dans la benne. Celle-ci présente des mensurations à la hauteur des attentes des professionnels ; une longueur de 2.280m, une largeur de 1.456m combinées à des flancs de benne hauts de 46.5 cm. L’utilisateur trouvera largement ses comptes en matière de chargement et de praticité en besogne.

Il est vrai que la BT-50 (4×2) que nous avons essayé est destiné à des tâches professionnelles, et c’est tant mieux, car il ne saura décevoir cette population. Mais à force de sillonner les routes de la capitale et de sa banlieue, on ne peut s’empêcher parfois de sortir le coude par la fenêtre, car l’atmosphère de la cabine nous emporte facilement dans un environnement de berline. Si le pickup est synonyme de travail, avec le Mazda BT-50, la joie y est un partenaire supplémentaire, bien utile dans un environnement pas toujours facile.