Véhicules électriques: la maintenance et la réparation maîtrisables en Algérie

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La maintenance des véhicules électriques, considérée par de nombreux Algériens comme un frein à l’acquisition de ce genre de moyen de locomotion ne constituera pas un problème de l’avis des experts du domaine de l’automobile, notamment des professionnels de l’entretien des véhicules.

C’est ce qu’a affirmé à l’APS le directeur général de Speedy Algérie, Khaled Djema, qui a assuré que la maintenance d’un véhicule électrique ne sera pas plus compliquée que celle d’un véhicule à moteur thermique, mais plutôt plus « sophistiquée », vu qu’il y aura plus d’électronique et d’informatique dans le véhicule électrique.

M. Djema n’a pas écarté, toutefois, l’éventualité d’éprouver des difficultés, au début, du fait que ce soit quelque chose de nouveau, notamment en termes de technologie, chose qui nécessite de se préparer, surtout en matière de formation, mais aussi d’outillage.

Ainsi, il a insisté sur le fait que les concessionnaires devront s’équiper pour assurer le service après-vente de leurs véhicules électriques.

Comme pour rassurer davantage les futurs utilisateurs de véhicules électriques, le responsable de Speedy Algérie a donné l’exemple des téléviseurs en couleurs ou des smartphones qui avaient suscité des appréhensions avant d’être vite adoptés et même privilégiés par les consommateurs.

M. Djema a fait savoir que Speedy Algérie a lancé des investissements en matière d’outils de diagnostic, pour répondre au mieux à l’évolution électronique et informatique des véhicules électriques, ajoutant que le groupe international qu’il représente a déployé en Algérie six centres, jusqu’à maintenant et compte en ouvrir une dizaine d’autres qui seront équipés pour assurer l’entretien et la maintenance des véhicules électriques.

Le gérant de cette chaîne de centres de maintenance de véhicules multimarques a expliqué que les véhicules électriques exigent de nouvelles prestations en termes de maintenance dominées par le changement de pièces et de consommables électroniques et électriques, alors que les prestations classiques telles que le changement des lubrifiants (huiles), des filtres (filtre à huile, filtre à essence et à gasoil) disparaitront sur ce genre de véhicules.

M. Djema a souligné, également, que les utilisateurs de véhicules électriques seront appelés à changer plus fréquemment certains consommables, à l’instar des plaquettes de frein qui sont davantage sollicitées sur un véhicule électrique que sur un véhicule thermique qui peut s’appuyer sur le frein moteur pour éviter d’user ses plaquettes de frein.

Pour sa part, le fondateur du site algérien spécialisé en automobile « DZMOTION » et ingénieur et professeur en génie mécanique, Sofiane Barkat, ne conçoit pas que le service après-vente puisse constituer une contrainte à l’acquisition d’un véhicule électrique.

M. Barkat a estimé que, contrairement aux idées reçues, un moteur électrique sera plus facile à réparer qu’un moteur thermique, tout en offrant une durée de vie plus longue et des pannes moins fréquentes, grâce aux composants simples qu’il intègre.

Il a considéré, ainsi, que la technologie utilisée dans les véhicules électriques est maîtrisée par les Algériens, la qualifiant de « toute simple » puisqu’il s’agit, selon lui, d’électronique de base.

De son coté, le président du secrétariat des comités en charges des activités de construction et des concessionnaires de véhicules neufs, Mohamed Djebili, a relevé que les concessionnaires seront tenus, selon le cahier des charges qui réglemente leur activité, de former leurs employés, assurant le service-après vente en bénéficiant du transfert de technologie de leur constructeur concédant, notamment en ce qui concerne les véhicules électriques.

Interrogés, par ailleurs, sur l’autonomie et la puissance de ce type de véhicules, le fondateur du site algérien spécialisé en automobile « DZMOTION », ingénieur et professeur en génie mécanique, Sofiane Barkat, a assuré que les véhicules électriques développent un couple (qui détermine leur capacité à franchir des côtes) plus élevé que celui des véhicules à moteur thermique.

Dans une déclaration à l’APS, il donnera comme exemple le couple développé par une Renault Clio et atteignant les 165 newton/mètre alors que son équivalente en électrique, soit la Renault Zoe, développe un couple de 245 newton/mètre ce qui la rend beaucoup plus performante que la Clio en roulant sur une pente.

Plus encore, ce spécialiste évoquera la ville de San Francisco où il y a beaucoup plus de côtes qu’en Algérie et où les véhicules électriques sont très répandus.

Sur ce point, M. Djema explique, à son tour, que la puissance des véhicules électriques et leur capacité à rouler dans différents reliefs, notamment les côtes, n’est plus à démontrer, évoquant que certains modèles développent une puissance de 200 chevaux.

Les progrès des constructeurs se manifeste, également, en termes d’autonomie grâce aux investissements colossaux dans le domaine de la recherche et développement qui a permis de passer des 400 à 500 km d’autonomie proposée, en moyenne, à 1000 km d’autonomie assurée par certains véhicules électriques, a expliqué M. Djema qui a ajouté que « dans deux à trois ans, on pourrait arriver à 2000 à 3000 km d’autonomie ». (APS)