Cevital vise le groupe Fiat et toutes ses marques

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Rencontré lors de l’inauguration du nouveau showroom de Hyundai à Bejaïa, M.Omar Rebrab, directeur général de Hyundai Motor Algérie (filiale du groupe Cevital) affiche de grandes ambitions pour le développement de la marque sud coréenne en Algérie mais aussi pour la reprise d’autres marques qui seront très probablement commercialisées prochainement sur le marché local. Toutefois, le patron de HMA regrette que l’Etat algérien n’encourage point les concessionnaires à investir davantage dans les créneaux automobiles comme la sous-traitance et la production de la pièce de rechange.

Très dynamique sur le marché de l’automobile, HMA a déjà commercialisé pas moins de 30000 véhicules et reste en négociations avancées avec le constructeur Italien Fiat pour la reprise de la marque en Algérie et ce, après que le concessionnaire IVAL a exprimé son intention de résilier le contrat de distribution de Fiat. « Nous sommes en pleine négociation avec la partie italienne, très prochainement vous aurez les résultats de cette démarche » a indiqué Omar Rebrab avant d’ajouter : « Dans le cas où nous décrochons un accord final pour la reprise de Fiat, il serait possible pour nous de commercialiser toutes les marques du groupe italien, alors nous proposerons les VU et VP de Fiat ainsi que les marques Lancia et Alfa Romeo ».

Aussi, le patron de HMA révélera que sa concession représentera les marques du constructeur américain Chrysler regroupant également Maserati, Jeep et Dodge, racheté par le groupe Fiat dernièrement.

A propos de l’annonce faite par M.Rebrab lors du dernier salon du véhicule utilitaire et industriel d’Alger concernant les négociations avec les sud coréens pour la réalisation d’une usine de montage de camions légers, rien de nouveau n’est à signaler au jour d’aujourd’hui. « Les sud coréens sont très favorables pour investir dans une usine de montage de camions légers mais pas sans des garanties solides par l’Etat algérien car jusqu’à ce jour ils n’arrivent pas à décrocher les garanties souhaitées pour lancer le projet, ce qui explique leur réticence quant à investir dans notre pays » a regretté le premier responsable de HMA.

La réticence des partenaires de HMA ne vas pas selon, le conférencier, empêcher son groupe de se lancer dans de nouveaux investissements toujours dans le domaine de l’automobile. « Si les négociations finiront par tomber à l’eau, nous allons lancer de nouveaux investissements pas seulement avec Hyundai mais avec d’autres marques automobiles prestigieuses » expliquera notre interlocuteur.

Se lancer dans des investissements et créer des emplois certes c’est beau mais le véritable casse tête chinois pour le patron de HMA est incontestablement l’acquisition du foncier industriel « inaccessible ». Hyundai Algérie n’est pas en reste puisqu’elle « éprouve des difficultés à mettre sur pied ses futurs projets d’investissements », a déclaré Omar Rebarb qui précisera que néanmoins il a eu des garanties de la part du wali de Bejaïa pour l’acquisition du foncier industriel à Bejaia. Le problème du foncier qui persiste et sa cherté est un véritable obstacle dans le développement de n’importe quelle entreprise «  les garanties du wali vont nous permettre d’ouvrir un nouveau showroom à Bejaïa mais aussi de réaliser une succursale dédiée pour les autres maques que nous allons représenter très prochainement. On est sur la bonne voie » a souligné le patron de la filiale du groupe Cevital.

A la question sur les négociations entamées par le constructeur Hyundai Motor avec l’Etat algérien pour la réalisation d’une usine de fabrication de véhicules légers, Omar Rebrab ne croit pas à un tel projet « on parle des européens et des asiatiques, je n y crois pas pour des raisons précises : si on cherche l’intérêt de l’Algérie, il faut que les pouvoirs publics poussent et encouragent les sociétés locales à investir dans la production de la pièce de rechange, c’est là où on peut créer de la valeur ajoutée à notre pays».

«Il est impensable de produire une automobile sans la disposition d’un véritable tissu industriel dédié à la fabrication de la pièce de rechange car une automobile c’est des milliers de références » a souligné M.Rebrab. Selon lui, l’Etat algérien « doit impérativement » protéger et garantir des facilités (baisser la taxe et l’accessibilité au foncier) aux investisseurs locaux sérieux qui proposent des projets concernant la fabrication de la pièce de rechange et le développement du secteur de la sous-traitance.

Sur un autre chapitre et concernant le projet de reprise des véhicules, M.Rebrab estime que cette activité est vitale pour le développement du secteur économique et a annoncé la construction prochaine d’un show room dédié au niveau de Oued-S’mar. Selon notre interlocuteur, le marché est demandeur et HMA est prête pour se lancer dans cette nouvelle aventure.
 
Enfin, HMA compte atteindre les 42.000 ventes d’ici la fin de l’année.