Montage automobile: poursuite du procès du président du groupe Sovac

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Le procès du président du Groupe Sovac pour le montage automobile, Mourad Oulmi s’est poursuivi mercredi soir par l’audition de l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia et de l’ancien ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, ainsi que de Khider Oulmi, frère du patron de Sovac, dans l’affaire de montage automobile.

Lors de son audition pour les chefs d’inculpation suivants: octroi d’indus avantages lors de la passation de marché en violation des dispositions législatives et réglementaires, abus de fonction volontaire par un fonctionnaire public en violation des lois et réglementations, conflit d’intérêts en matière de passation de marchés, dilapidation volontaire de deniers publics et usage illégal par un fonctionnaire public au profit d’une personne ou une entité, Ahmed Ouyahia a nié ces accusations, affirmant qu’il veillait toujours à préserver les deniers publics.

Après avoir affirmé qu’il avait exercé son pouvoir en sa qualité de président du Conseil national d’investissement (CNI), composé de ministres et du représentant de l’ancien président de la République, Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia a expliqué, à propos des charges retenues contre lui relatives à la dilapidation de deniers publics, que les décisions prises par le CNI se réfèrent aux lois de la République, affirmant qu’il avait assumé ses responsabilités et veillé à préserver les intérêts financiers du pays.

Le tribunal a auditionné également l’ancien ministre de l’industrie Youcef Yousfi, poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’octroi délibéré d’indus avantages, abus de fonction, conflit d’intérêts, corruption dans la conclusion de marchés publics et dilapidation de deniers publics, lequel a répondu: « je ne suis pas un corrompu ».

A la question de la présidente de la Cour qui a révélé que la valeur des avantages octroyés au titre des 14 arrêtés ministériels était de 15.000 milliards de centimes, M.Yousfi a dit n’avoir fait que son travail et son objectif était de parvenir à la fabrication d’une voiture algérienne, « et ces montants ne sont pas, selon lui, des pertes, mais des exonérations accordées par l’Etat pour encourager l’investissement ».

Le tribunal a entendu également le frère du Pdg du Groupe Sovac pour le montage automobile, Khider Oulmi, qui a nié toutes les charges retenues contre lui.

La séance matinale du procès a été consacrée à l’audition de l’accusé Mourad Oulmi, poursuivi pour blanchiment et transfert à l’étranger de capitaux issus des revenus criminels, corruption, trafic d’influence, et pression sur des fonctionnaires publics pour l’obtention d’indus privilèges.

Répondant aux questions du juge, Mourad Oulmi avait indiqué que sa société assurait le montage en Algérie de 14 modèles de voitures pour les marques Volkswagen, Seat et Audi, avant de réfuter toutes les charges retenues à son encontre. Le procès a repris ce jeudi matin.