Industrie automobile en Algérie: Triste passe d'armes entre le ministre et les industriels

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Au moment où les premiers prémisses d'une industrie automobile semblent s'installer solidement dans le paysage industriel en Algérie, et au moment où les constructeurs automobiles de renommée mondiale se bousculent pour avoir une part de ce marché et installer des usines en Algérie, le nouveau ministre Algérien de l'industrie et des mines vient de jeter un pavé dans la mare en remettant en cause tout ce processus allant même jusqu'à dire que l'ensemble de cette dynamique industrielle n'est que la poursuite du processus d'importation d'une manière déguisée !

Le nouveau ministre de l’industrie et des mines M.Bedda Mahdjoub a tiré à boulet rouge sur l’ensemble des marques automobiles qui se sont lancées dans un processus d’industrialisation depuis quelques mois, les accusant de pratiquer de l’importation déguisée. Pour le ministre de l’industrie, les objectifs attendus de ce processus sont loin de se réaliser notamment en matière de création d’emploi et de la baisse de la facture d’importation.

 »Au lieu de créer de l’emploi, le secteur en a perdu » à déclaré le ministre lors d’un entretien avec le site TSA. cette déclaration représente tout de même une violente attaque à toutes les marques automobiles qui sont clairement accusées par le ministre de faire de l’importation déguisée. Il a ajouté dans le même sillage  »Nous demandons aux constructeurs automobiles de respecter leurs engagements et aller de l’avant dans les taux d’intégration. Nous sommes conscients de la difficulté technologique concernant la pièce de rechange. Néanmoins il est demandé plus d’efforts de la part des concessionnaires dans ce domaine afin de réduire sérieusement ces importations de véhicules qui se font de manière déguisée ».

Sur un autre ton, bien plus menaçant, le ministre a ajouté en direction de  »certains professionnels »:  »Nous disons que les gens qui n’ont rien à voir avec le secteur ne devraient pas investir dans ce domaine. D’ailleurs, les nouvelles orientations du gouvernement ne devraient pas déranger les constructeurs sérieux qui veulent contribuer avec l’État algérien à mettre en place une véritable industrie automobile. Malheureusement il y a des personnes dont l’objectif principal est d’amasser de l’argent au détriment de l’intérêt général ».

Pour sa part, le patron du groupe Sovac et de l’usine Sovac Production (en partenariat avec Volkswagen) M.Mourad Oulmi a tenu a répondre au ministre de l’industrie sur le même site (TSA) en indiquant que son partenariat avec Volkswagen aspire à développer l’exportation des pièces de rechange.  »Le montage n’est qu’un moyen pour y arriver. Nous travaillons avec le groupe Volkswagen qui est notre partenaire pour faire de l’Algérie une plateforme d’exportation des pièces de rechange“, a-t’il indiqué lors de son intervention.

Il rappel au ministre que le constructeur allemand est présent dans le capital de son usine à Relizane. “Nous travaillons avec le numéro un mondial de l’automobile qui est présent dans le capital de l’entreprise de production comme l’exige le cahier des charges“, ajoute-t-il.

Cette triste passe d’armes (nettement inutile) jette encore le trouble sur le travail du gouvernement et sa gestion des grandes stratégies nationales, ce qui ne réconforte pas les appels des autorités aux constructeurs et équipementiers automobiles de venir investir en Algérie car l’instabilité dans la vision stratégique n’encourage en rien les investisseurs.