La priorité aux activités de la sous-traitance automobile

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Les activités liées à la mécanique, dont l'automobile essentiellement, seront considérées comme prioritaires dans l'affectation du foncier des zones industrielles qui seront ouvertes prochainement, a affirmé, lundi, un haut responsable auprès du ministère de l'Industrie et des mines.

La priorité à accorder aux opérateurs de cette filière industrielle profitera aussi bien aux entreprises faisant du montage qu’aux sous-traitants, a précisé le directeur de la promotion de l’investissement de ce ministère, Amar Agadir, lors d’une conférence organisée en marge du 10ème salon international de l’après-vente et des services pour véhicules « Equip Auto », qui se tient du 29 février au 3 mars au Palais des expositions (Pins maritimes).

Selon lui, il s’agit d’une démarche qui s’inscrit dans le cadre des actions visant à encourager l’investissement, tout particulièrement dans le secteur automobile.

De son côté, le directeur général de la Bourse de la sous-traitance, Aziouz Laïb, a fait savoir que l’Algérie comptait actuellement une centaine de sous-traitants capables d’accompagner le développement de l’industrie automobile et mécanique.

Parmi ces entreprises de sous-traitance, une dizaine intervient dans l’industrie naissante du montage de tramways, a-t-il précisé tout en admettant qu’il reste du chemin à parcourir pour développer efficacement le secteur de la sous-traitance, notamment à travers la formation.

Présent à cette rencontre, le directeur de la région Maghreb pour le groupe spécialisé dans les statistiques automobile GIPA, Quentin le Hetet, a considéré que le marché algérien du service après-vente et de la pièce de rechange avait un bel avenir devant lui.

A ce propos, il a indiqué que l’automobiliste algérien parcourt 20.000 kms par an, soit 62% de plus comparativement aux automobilistes d’un grand nombre de pays développés dont le Royaume-Uni où l’automobiliste moyen ne dépasse pas les 12.000 kms annuellement.

Cela s’explique essentiellement par la densité et la performance des transports publics (métro, transport ferroviaire…) dans les pays développés, se traduisant par un recours relativement moins fréquent aux véhicules particuliers.

« Cette propension à conduire beaucoup (en Algérie) a pour effet d’user plus rapidement les composants des voitures. Ce qui représente une opportunité pour la filière des services après-vente et de la pièce de rechange », selon M. le Hetet qui a observé que 52% du parc automobile algérien a plus de 10 ans d’âge.

Lors de son intervention, le vice-président de l’Association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A), Mourad Oulmi, a tiré la sonnette d’alarme sur la propagation des pièces de rechange contrefaites en Algérie et les préjudices multiformes engendrées.

Selon lui, les concessionnaires automobiles prennent en charge 20% des véhicules en matière de service après-vente et de pièces de rechange, alors que le reste du parc national est quasi-alimenté par les vendeurs de pièces contrefaites.

Il a alors appelé les importateurs des pièces de rechange authentiques à s’organiser pour éviter que le marché ne soit davantage submergé des pièces contrefaites, tout en mettant en garde que si aucune action de ce genre n’était prise, l’AC2A va agir.

Le 10ème salon Equip Auto accueille 350 entreprises dont 80% sont des sociétés étrangères représentant une vingtaine de pays. (APS)