Industrie: Youcef Nebbache appelle à la fermeture des usines automobiles en Algérie !

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Le président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (ACAM), Youcef Nebbache a salué, mercredi à Alger, la décision prise par le Gouvernement portant autorisation d’importation des voitures d’occasion pour satisfaire les besoins du marché national à court terme, et appelle à la fermeture des usines en activité.

Invité du Forum « El Mihwar El Yawmi » consacré au débat sur l’avenir de l’activité de montage et l’industrie automobile à la lumière de l’arrêt de certaines usines et la détermination du Gouvernement à organiser ce secteur, M. Nebbache a salué la décision relative au retour à l’importation des voitures d’occasion pour satisfaire les besoins du marché national à court terme.

Dans ce contexte, M. Nebbache a recommandé d’autoriser l’importation des voitures d’occasion de moins de cinq (05) ans au lieu de trois (03) ans, comme stipulé dans la loi des finances 2020, et ce, a-t-il dit, pour « prendre en compte le pouvoir d’achat des citoyens, les prix des voitures de moins de trois ans étant encore chers dans les marchés extérieurs ».

Appelant les pouvoirs publics à l’assainissement de la filière montage automobile, le président de l’ACAM a proposé « la fermeture des usines en activité pour stopper cette hémorragie des deniers publics ».

« Les usines de montage automobile n’ont apporté aucune valeur ajoutée, ni contribué à assurer la disponibilité des voitures, créer des postes d’emploi, ou encore moins augmenter le taux d’intégration locale », a-t-il estimé.

Ces usines ont « bénéficié de crédits allant jusqu’à 180 millions de dollars, d’assiettes foncières, d’exonérations douanières et fiscales pour réaliser au final des projets qui n’embauchent pas plus de 300 salariés », a ajouté M. Nebbache, citant l’exemple des concessionnaires automobiles qui employaient, sans recourir aux crédits, quelque 122.000 employés et contribuaient au Trésor en s’acquittant des taxes douanières et fiscales.

En 2018, les usines de montage ont assemblé 180.000 voitures pour un montant de 3,7 milliards de dollars mais sans verser la moindre taxe, tandis que , poursuit M. Nebbache, les concessionnaires importaient 300.000 voitures/an pour le même montant (3,7 milliards de dollars) et ont versé près de 1,5 milliards de dollars de taxes douanières et fiscales.

Le responsable de l’ACAM a mis l’accent sur l’impératif de mettre un terme au « pillage » et de préparer une nouvelle stratégie pour relancer l’industrie mécanique au niveau national, à travers l’élaboration d’un nouveau cahier de charges et en négociant directement avec les firmes internationales pour lancer des projets en Algérie sans passer par des intermédiaires.

Pour M. Nebbache, la relance de l’indusie mécanique en Algérie doit impérativement passer par l’implantation d’une industrie de pièces de rechange au niveau local afin d’augmenter le taux d’intégration national et créer un tissu industriel national cohérent en mesure de créer de la richesse et des postes d’emploi.

Le responsable de l’Association a indiqué que « les précédents cahiers de charges réglementant l’activité de montage automobile renfermaient des conditions rédhibitoires pour les opérateurs locaux. Un autre cahier de charges a été élaboré par un ancien ministre de l’Industrie pour servir les intérêt d’un cercle fermé d’opérateurs ».

« Le ministre et les opérateurs en question font l’objet de poursuites judiciaires, ce qui prouve que le clientélisme était la base de l’industrie de montage automobile », a-t-il dit. 

A cet effet, M. Nebbache a estimé qu’il est « nécessaire, comme mesure d’urgence, de retourner à l’importation des voitures d’occasion pour répondre aux besoins du marché, et de se préparer parallèlement au lancement d’une industrie locale fondée sur des bases solides ».