Nous serons présent sur le marché des sociétés et des adaptations destinées aux professionnels

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Avec sérénité, le Boss de Renault Algérie aborde les questions d’actualité de l’heure. Si certains croient que 2007 sera une année timide en événements pour Renault, M.Galoustian promet qu’il ne va pas chaumer en 2007…ni d’ailleurs en 2008. (Interviewé par Nouredine ABBASSEN)

-auto-utilitaire.com : Comment analysez-vous le déroulement du marché
automobile en 2006 ?

-M.Stéphan Galoustian : Ce que j’ai pu constater c’est qu’en Algérie, on
rencontre une difficulté majeure à apprécier les chiffres exacts du marché de
l’automobile. Contrairement à ce qui se fait de l’autre coté de la méditerranée,
il n’y a pas de statistiques officielles et c’est au bon vouloir d’une dizaine
de constructeurs qui s’échangent leurs chiffres, sans parler des constructeurs
asiatiques qui ne veulent pas donner les leurs.

Deuxièmement, vu que l’on n’a pas de statistiques précisant les importations des
voitures de moins de trois ans (arrêtées en septembre 2005), on ne peut pas dire
combien de voitures sont rentrées et si ces voitures sont toujours dans le stock
du pays.

Troisièmement, certains constructeurs annoncent des chiffres des
immatriculations dès que la voiture est vendue à son propre réseau, d’autres,
lorsque c’est immatriculé au nom de clients particuliers, d’autres encore
annoncent en même temps les immatriculations de véhicules particuliers,
utilitaires, camions, des autobus, des pelleteuses etc …

Donc si vous me demandez ce que je pense du marché automobile, je vous dirais
que c’est un marché bien sympathique qui va continuer à augmenter parce que le
consommateur Algérien à besoin de consommer, il est passionné par l’automobile,
il veut se déplacer pour aller en week-end ou pendant les fêtes voir sa famille
; et parce que l’Algérie est un grand pays, le consommateur Algérien est appelé
à faire beaucoup de kilomètres. Vous additionnez tout cela et nous avons un
marché qui n’est pas mature, non pas au sens péjoratif du terme, mais c’est un
marché qui va sûrement évoluer. L’exigence du client en terme de sécurité va
augmenter, il se rendra compte que les voitures qui n’ont pas d’ABS, d’air bag
et d’autres mesures de sécurité tels que celles dont Renault équipe ses voitures
(huit de ses modèles ont reçus cinq étoiles dans les test EuroNcap), fera que le
marché Algérien va évoluer comme tout les marchés du monde entier.

-Renault dans tout cela ?

-En 2006, mes équipes et mon réseau on fait plus que ce qui était prévu. Nous
avons lancé de nombreux modèles de véhicules, nous n’avons pas été au salon
international de l’automobile d’Alger parce que je trouve que ce n’est pas un
salon de l’automobile mais plutôt une foire de l’automobile et je n’aime pas les
foires de l’automobile. Le réseau a fourni un travail de qualité, les voitures
étaient au rendez-vous et j’aimerais dire merci aux clients qui ont acheté 25600
voitures.

– Quelle appréciation faites-vous du marché des véhicules utilitaires ?

-Si je regarde bien les chiffres officiels du marché des véhicules utilitaires
je remarquerais que le marché est à la baisse parce que se sont les voitures
asiatiques qui prennent une grande part de marché. Là aussi, l’offre asiatique
est constituée d’une caisse à plateau-ridelles, un moteur, des freins et à des
prix bas. En positionnement prix et équipement il est clair qu’on y est absent,
le consommateur de véhicules asiatiques ne viendra pas acheter une Renault parce
qu’il y a le confort à l’intérieur, les performances techniques, la vie à bord,
et les conditions sécuritaires.

Nous sommes sur deux marchés différents : celui du bas de gamme et du prix bas
et celui des véhicules utilitaires pour des vraies utilisations qui dureront des
années et des années.

-Devrons nous comprendre que c’est peine perdue pour contrecarrer ce type de
véhicules ?

-Une peine n’est jamais perdue. Nous sommes entrain de travailler pour
commercialiser effectivement des véhicules adaptés aux besoins du marché des
professionnels. Nous allons commercialiser des véhicules à châssis cabine nu,
des châssis cabine containers, des portes voitures, des ambulances pour des
déplacements de villes et inter villes…C’est un marché dans lequel je me bat et
c’est pour cela que je demande à chaque agent Renault d’avoir un exemplaire de
chaque véhicule utilitaire en exposition dans les show room, parce que si les
clients ne voient pas ces voitures là, il ne penseront pas aux véhicules
utilitaires de Renault.

-Peut-on connaître l’impact de la formule Renault Crédit que vous avez lancé
depuis quelques mois ?

-Renault crédit est l’un des projets que j’ai dit faire et que j’ai fait. C’est
un succès parce que d’abord c’est offert directement par le vendeur sur le lieu
de la vente, pour que le client, en un quart d’heure maxi, sache s’il peut
continuer son projet d’achat d’un véhicule avec un financement. Nous avons pris
l’engagement avec Renault crédit de donner une réponse dans les 48 heures qui
suivent l’arrivé du dossier pour le traitement. Premier résultat : j’ai envie de
vous dire que c’est un succès. Nous avons reçu des demandes lors des salons de
l’automobile de Constantine et d’Oran, et maintenant il y a des réglages à faire
pour que les dossiers de financement arrivent, pour que les dossiers soient
traités, pour que l’accord soit donné dans le respect de nos engagements.

-Comment Renault compte-t-il s’investir dans le marché en 2007 ?

-Je ne vais pas vous donner trop de détails sur les motorisations et les
restylages qui interviendront cette année, mais je vous dirais qu’il va y avoir
le lancement de Logan MCV 5 et 7 places et, à la fin de l’année, la Logan Break
en version utilitaire. Du coté de Renault, une série de nouvelles motorisations
et de restylages sont annoncés aussi ; il y a Renault Crédit qui renforcera sa
présence pour l’acquisition de la voiture neuve et il y aura le marché des
société et des adaptations complémentaires destinées aux professionnels. Donc,
on ne va pas chaumer en 2007 comme on n’a pas chaumé en 2006 et comme on ne
chaumera pas en 2008, je suis très serein sur ce point là.

-On parle beaucoup de Logan MCV comme une belle opportunité pour le groupe
Renault d’investir le marché du renouvellement du parc des taxis inter wilaya
notamment par la version 7 places, quelle est votre appréciation par rapport à
cela ?

-Pour Logan MCV 7 places, je ne compte pas uniquement garder cette voiture là
pour les taxieurs inter wilaya. Si je comprends bien la démographie du pays, on
y trouve des familles nombreuses à qui nous allons proposer aussi cette voiture
là ; ensuite c’est une voiture qui peut être utilisée par les entreprises pour
transporter jusqu’à 7 personnes, la version 5 places peut être utilisée par les
représentants médicaux et pharmaceutiques notamment grâce à l’immense coffre
qu’elle offre. Je pense que se sera une erreur de dire que cette voiture est
destinée uniquement pour les taxieurs.

-Renault Algérie est réputée pour la force de son réseau, peut-on savoir ce
que fera Renault Algérie pour développer encore plus son réseau ?

-Ce que j’ai dit en arrivant ici, c’est que « c’est l’après vente qui va faire
vendre ». Ce que le client attend dans le monde entier ce sont deux choses : que
l’on s’occupe de lui lorsqu’il rentre dans le lieu de vente et qu’après l’on
s’occupe de sa voiture. C’est facile à dire, mais pour mettre en place cela tous
les jours en Algérie ainsi que partout dans le monde entier d’ailleurs, ça ne
parait pas aussi simple que cela. Assurer un service après vente nécessite
d’avoir les installations nécessaires, le personnel nécessaire, la formation
nécessaire, les outils nécessaires en plus du sens de l’accueil. Nous suivons de
très près la formation aux services du réseau (chef d’entreprise, chef de vente,
chef d’atelier, mécanicien, formations techniques, formation à l’accueil,
formation comportementale…etc). C’est l’addition de plusieurs choses qui font
qu’un constructeur peut réussir dans un marché aussi difficile. C’est avec ça
que je compte me différencier de la concurrence.

-Que pouvez vous nous dire concernant le fameux problème du dCi

-Je voudrais vous dire que je n’ai plus de sujet à traiter sur la question du
dCi. Il y avait un problème sur une série de voitures pendant une période
spéciale (estivale) de l’année avec une pompe Delphi qui était dans des moteurs
1.5 dCi des Mégane. Il est vrai que dans des pays où le bouche à oreille va
vite, une fois qu’un produit n’est pas au top qualité il peut y avoir des
conséquences redoutables.

A ce sujet la presse est invitée à participer à une conférence de presse avec le
père du moteur dCi chez Renault qui s’adressera à tous les journalistes et au
réseau pour expliquer ce qu’est le dCi et quel est son avenir, et là, vous aurez
l’opportunité de poser toutes vos questions techniques.

Nous vous donnerons aussi l’occasion de participer à une réunion de travail avec
la patronne des systèmes de productions de Renault pour montrer à la clientèle
Algérienne que les produits commercialisés en Algérie ne sont pas des produits
de deuxième zone mais sont des produits fabriqués spécialement pour l’Algérie
car ils subissent douze transformations pour être adaptés aux conditions
d’utilisations locales. Je rappelle enfin que la question du dCi ne s’est pas
posée pour nous depuis une année.

-Comment voyez-vous le marché en 2007 ?

-D’après mes données, le marché en 2007 va croître. La santé économique du pays
et du consommateur ainsi que son envie d’acheter des voitures, la disponibilité
des produits en seront le facteur.

-Un dernier mot

-j’insiste sur le fait que les voitures Renault commercialisées en Algérie
subissent douze transformations et que toutes les voitures produites dans nos
usines dans le monde suivent le système de production de Renault. Il n’y a pas
de sélection particulière dans le sens négatif des voitures que Renault importe
en Algérie, ce ne sont pas des voitures dont les Français ou les européens ne
veulent pas, il faut absolument tordre le coup à ses rumeurs.