Une succes story appelée Logan

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Apriori le recul qu’a enregistré le constructeur Français, Renault, les deux dernières années lui ont permis de réfléchir à une stratégie commerciale plus agressive pour redorer son blason de géant européen de l’Automobile. Une stratégie payante avec la mise sur le marché mondial de nouveaux modèles dans différents segments. Ainsi, la créativité et le génie des ingénieurs de la marque au Losange ont apporté énormément de bien à leur employeur qui a réussi à relever les défis d’une concurrence rude en gagnant de nouvelles parts de marchés partout dans le monde. Cette évolution des plus positive pour Renault n’aurait pas se concrétisée sans le lancement en 2004 du programme Logan. (Par M.Mohamed)

Pensé et développé pour les marchés émergeants et en forte croissance, Logan a permis à Renault d’accroître significativement sa présence hors Europe et d’arriver sur de nouveaux marchés comme l’Inde et l’Iran (fin 2007, 35% des ventes du Groupe se font hors d’Europe, contre 22,8% en 2004). En quatre ans, les véhicules de la plateforme Logan ont été commercialisés dans 59 pays, dont certains à très fort potentiel de croissance comme la Russie, l’Inde, l’Iran et le Brésil.

En Russie, Logan est produite et commercialisée avec succès depuis mi-2005. Plus de 150 000 Logan y ont été immatriculées et Logan est la berline tri corps de marque étrangère la plus vendue sur ce marché.
En Iran, malgré un démarrage plus lent que prévu en raison de difficultés d’approvisionnement industriel, Logan rencontre un très bon accueil de la part des clients (plus de 80 000 commandes réalisées en une semaine lors du lancement en 2007). En Inde, un an après les premières prises de commandes, Logan est leader de son segment (segment C) avec un total de 27 603 voitures vendues. Au Brésil, Logan, lancée depuis un an, et Sandero, commercialisée en février 2008, totalisent 37 220 ventes. Les deux modèles représentent en avril 69% des ventes de Renault Brésil, qui ont elles-mêmes progressé de 78,6% en un an.

Logan a aussi très rapidement dépassé ses frontières d’origine. Grâce à son rapport prix / prestations unique et son offre de mobilité au meilleur prix, la famille Logan a été plébiscitée par tous les marchés, y compris sur les marchés européens matures. Même en France, la marque Dacia a fait son bonhomme de chemin en se hissant avec beauté dans le top 10 des marques en 2008.

La réussite de la Dacia Logan By Renault qui a conquis le cœur de milliers d’automobilistes asiatiques, sud américains et maghrébins, a ouvert l’appétit à Renault pour conquérir le marché européen. La robustesse de ce produit qui a confectionné une réputation indiscutable à l’image de son constructeur a fait qu’il soit très, trop demandé même en Europe. Aujourd’hui, tout le monde attend avec impatience les nouveautés de Dacia.

En effet, en Europe Occidentale, où le taux de motorisation est de 521 véhicules pour 1000 habitants, la marque Dacia a su anticiper les besoins du marché et a révélé l’intérêt pour le low-cost automobile. Acquérir un véhicule Dacia est un achat malin qui permet d’accéder à un véhicule neuf, robuste et très habitable, à un prix inégalé sur le marché.
Sur les autres marchés, le programme Logan remplit ses objectifs initiaux : faciliter l’accession automobile aux classes moyennes et permettre au groupe Renault de se positionner sur les marchés de croissance.

– En Roumanie (183 véhicules/1000 habitants) et au Maghreb (Maroc : 51/1000), Dacia offre la possibilité aux classes moyennes en fort développement d’acquérir un véhicule neuf et statutaire, symbole de l’accession à une mobilité plus confortable, plus sûre et plus fiable (meilleur niveau de vie et vie quotidienne facilitée).
– En Inde (9/1000), au Brésil (107), en Argentine (145), en Colombie (33) et en Iran (100), Logan a essentiellement séduit les clients des classes moyennes supérieures qui renouvellent leur véhicule.

Renault à la conquête du monde avec L’usine de Pitesti

Un succès pareil ne se réalise point du jour au lendemain sans de gros moyens. Au début du programme Renault, c’est la coquette somme de 1 milliard d’euros qui a été investit depuis 1999 par le groupe Renault en Roumanie, pour la rénovation et le développement du site industriel de Pitesti, la création de Renault Technologie Roumanie (RTR) et de Renault Design Central Europe (RDCE).

Le site industriel roumain (Pitesti), qui répond aux normes et aux standards Renault, avec son usine véhicule, son usine mécanique et sa plateforme ILN (International Logistic Network) est le site pilote du programme Logan. L’usine véhicule assure la production des cinq modèles de la gamme Dacia (Logan, Logan MCV, Logan Van, Logan Pick-up et Sandero), les pièces de rechange de ces modèles ainsi que des pièces pour les autres sites du programme X90.

Depuis le lancement de Dacia Logan en 2004, l’usine de Pitesti a doublé sa capacité. En 2009, la production annuelle maximale sera de 400 000 véhicules/an. De 28 véhicules par heure en 2004, elle est passée à 42 véhicules par heure en 2006 pour la production de Logan MCV et Logan Van puis à 60 véhicules par heure en 2008 avec l’arrivée de Sandero et Logan Pick-up. De 2004 à fin avril 2008, 655 700 véhicules de la plateforme sont sortis de ses lignes.

L’usine mécanique, qui produit trois moteurs essence et une boîte de vitesses manuelle 5 rapports pour la famille Logan et Kangoo, monte également en puissance. Elle avait une capacité de 160 000 moteurs et boîtes de vitesses en 2004, elle en a produit 510 000 l’an dernier. En 2008, son développement continue : une nouvelle ligne, celle de la boîte de vitesses de l’Alliance TL4/MT1, a été inaugurée en mars.

La plateforme ILN (International Logistic Network), créée en 2005, est à ce jour le plus grand centre du genre du groupe Renault et de toute l’industrie automobile. Sa mission : collecter les pièces fabriquées dans l’usine Dacia et chez les quelques 200 fournisseurs et les expédier vers les sept sites de fabrication de Logan. En 2007, c’est l’équivalent de 200 000 véhicules qui ont été expédiés.

La fabrication des pièces est fortement localisée. Grâce au développement du tissu fournisseur dans la région depuis le lancement de la production de Logan en 2004, le taux de localisation est d’environ 60% pour Sandero. Il atteint 90% quand on inclut les pays voisins : Hongrie, Pologne… L’usine de Pitesti garde un rôle prépondérant dans le programme X90 : lancement de la production des nouveaux véhicules (à l’exception de Sandero produite en premier lieu au Brésil), définition des process de fabrication, production de pièces pour les autres sites Renault qui fabriquent Logan et formation (Pitesti est la plateforme de formation pour les sites qui produisent les véhicules du programme X90).

Il convient également de noter que le site de Pitesti est entré dans le périmètre de reporting du Groupe Renault en 2002 et a obtenu sa première certification ISO 14001 (Organisation internationale de normalisation) en 2005. Cette certification, remise par des organismes indépendants, atteste de l’engagement du site à progresser sans cesse en matière environnementale et à réduire l’impact de son activité sur le milieu naturel.
Le Système de Management de la Sécurité, Santé et Conditions de Travail mis en place à Pitesti respecte tous les standards de Renault, que ce soit pour l’organisation du travail comme pour les équipements de travail et les protections (chaussures, lunettes, gants). Les salariés ont reçu en moyenne 51 heures de formation en 2007.

De nouveaux pôles de compétences en Roumanie : Design et Ingénierie

Créé en juin 2006, Renault Technologie Roumanie (RTR), avec 1700 ingénieurs et techniciens fin 2007 et près de 3000 fin 2009, est et sera le plus grand centre d’ingénierie du groupe Renault à l’international, devant les centres brésilien, coréen et indien. Sa vocation est à la fois locale et mondiale. A Pitesti, il assure une mission de soutien technique à l’usine et auprès de ses fournisseurs. A Bucarest, les bureaux d’études développent et adaptent les projets de véhicules de la plateforme 90 ainsi que d’autres véhicules de la gamme Renault pour répondre, en particulier, aux attentes des clients de la région Euromed. Placé au cœur du système industriel Logan, RTR deviendra à terme le centre de référence pour l’ensemble des véhicules de la plateforme 90 et apportera son soutien technique à tous les sites industriels où ils sont assemblés. Enfin, d’ici à fin 2009, RTR comprendra un centre d’essais (pistes et banc d’essais) à Titu (45km de Bucarest) pour augmenter les capacités du groupe, aujourd’hui concentrées à Aubevoye et Lardy (France). Dès maintenant, la moitié de l’ingénierie du Logan Pick-up est assurée en Roumanie. Pour Sandero, l’usine s’est appuyée sur RTR, pour assurer une grande partie de la production des prototypes.

L’ouverture en 2007 de Renault Design Central Europe, au cœur de Bucarest, est une nouvelle étape du développement à l’international des activités du design, initié en 1999. Au cœur de grandes villes animées et riches d’enseignements culturels et architecturaux, les centres satellites du design, – en Espagne (Barcelone), en France (Bastille à Paris), en Corée du Sud (Séoul), en Inde (Mumbai), en Roumanie (Bucarest) et au Brésil (São Paulo).- viennent en complément du centre principal situé au sein même du Techno centre Renault à
Guyancourt (France).

Sandero, pour la continuité du succès de la famille Logan

Le succès de la Logan qui s’est traduit par la vente de 1 million d’unités à travers le monde quatre ans après son lancement a conduit la maison mère, Renault à mettre sur le marché un nouveau modèle avec lequel Renault Dacia conquérir de nouvelles parts d’un marché mondial instable. Nouveau véhicule à vocation mondiale du programme, Sandero, puisque c’est de lui qu’il s’agit, garde les ambitions de sa sœur Logan : conquérir de nouveaux clients, en priorité sur les marchés en forte croissance mais aussi sur les marchés matures. Lancée début 2008 en Amérique du Sud et mi-2008 en Europe, Sandero continuera son déploiement : production fin 2008 pour la marque Renault en Colombie (Sofasa, Medellin), puis en 2009 pour la marque Dacia au Maroc (Somaca, Casablanca) et pour la marque Renault en Afrique du Sud (usine Nissan, Rosslyn) et en Russie (usine Avtoframos, Moscou).

Au total, 147 millions d’euros ont été investis pour le développement et la production de Dacia Sandero en Europe : 65 millions d’euros pour les frais d’études, et 82 millions d’euros d’investissements à l’usine de Pitesti. La plupart des investissements ont été réalisés conjointement pour l’arrivée de Dacia Sandero et le passage de l’usine à 60vh/h, qui a nécessité 100 millions d’euros supplémentaires.